Pour sa cinquième création, DeLaVallet BIDIEFONO interroge les fondements de ce qui l’a poussé à engager sa vie dans la danse.
Le Congo est un pays refermé sur lui-même, marqué par de longues années de guerre civile, pris en étau par une force gouvernementale qui se soucie si peu de la population, des infrastructures médicales aux écoles. Des musées ? Il n’y en a pas au Congo. Des cinémas et des théâtres ? Ils sont inexistants ou ont été peu à peu abandonnés, depuis longtemps, « aux églises de réveil », sortes de sectes religieuses, prolixes en Afrique Centrale.
« Empreintes / On posera les mots après » s’inscrit dans l’atmosphère nocturne brazzavilloise et redonne une parole à cette jeunesse de la galère qui s’est faite, pour ainsi dire, contre et malgré tout, et qui aujourd’hui vit comme une sorte d’impératif le besoin de marquer, de poser une empreinte, parce qu’il y a urgence à faire plutôt qu’à dire. Une urgence toute vitale à redonner du sens.
La dernière création de la Compagnie BANINGA / DeLaVallet BIDIEFONO pose en mouvement les fondements d’une recherche artistique qui se confond avec une quête identitaire forte : et c’est dans l’expression de l’empreinte que DeLaVallet modèle sa danse. Empreintes dans laquelle il s’engage, à l’aube de sa carrière ; traces du passé, de ses racines, de sa culture qui, bien que mise à mal, restent chargées ; empreintes à suivre aussi, celles des « grands frères » qui ont ouvert la route et dans lesquelles DeLaVallet s’engage avec sincérité, curiosité, l’oeil ouvert ; et puis, empreintes de ce qui existe déjà à travers le monde, à la croisée des chemins, entre rencontres et métissage ; marques de ce qui est invisible, enfin, mais qui préexiste à toute impulsion créatrice.
Né à Pointe-Noire, Congo, au début des années 80, DeLaVallet est aujourd’hui une figure montante de cette jeune discipline qu’est la danse contemporaine au Congo, et plus généralement sur le continent africain. Rien ne prédestinait DeLaVallet à la danse, si ce n’est qu’il est né dans un pays où danser est un acquis de naissance, si ce n’est cette ténacité hors norme qui fait de lui un acharné au travail, un aventurier de la danse, un chercheur. Rien ne prédestinait DeLaVallet, lui qui est né dans un quartier où le mot « art contemporain » n’existe pas. C’est à 15 ans que DeLaVallet entend ce mot pour la première fois.
« Empreintes / On posera les mots après » est soutenu par le Centre Culturel Français de Brazzaville, le CDC La Termitière de Ouagadougou, CulturesFrance, L'Association BEAUMARCHAIS SACD, L'Association BANINGA.